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Tag - Nam June Paik

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mardi 10 octobre 2006

Nam June Paik, l'art vidéo avec le sourire

Nam June Paik

Formidable soirée le 2 octobre au Centre Pompidou en hommage à Nam June Paik, dans le cadre de Vidéo et après, les Revues parlées. Anne-Marie Duguet, théoricienne de l'art, directrice du Laboratoire des Arts et médias à l'Université Paris I, et instigatrice de l'événement avait annoncé : "pas une soirée commémorative, pas un spectacle, pas un colloque universitaire, mais un hommage".
Shigeto Kubota, sa femme, et une kyrielle "d'amis et de complices" de Nam June Paik, Christine van Assche, Bernard Blistène, Jean-Paul Fargier (auteur d'un superbe ouvrage sur l'oeuvre "Reflecting Pool", de Bill Viola), entre autres, ont donné à cette soirée une coloration émouvante et vivante. Jean-Jacques Lebel, en réitérant la célèbre performance de l'artiste a brisé un violon en direct dans un geste parfait.
Anne-Marie Duguet et l'équipe qui l'entoure ont su rendre palpables et présents l'humour de Nam June Paik, ses intuitions de visionnaire, et cette dimension qui nous touche et qu'elle résume en un mot de conclusion "sa radicalité".

Janique Laudouar directrice éditoriale de numedia-edu (2003-2006), nouveaux médias et culture numérique. Bientôt numedia-art.com, et un blog politique à venir.


Joyeux artiste que ce Nam June Paik (1932-2006), que l'on voit sourire dans chacune de ses nombreuses interventions télévisuelles. Il commence a jouer du piano a 13 ans, puis en 1946, il découvre Karl Marx et Schönberg, deux figures tutélaires auxquelles il restera fidèle. La guerre de Corée l'oblige à déménager à Hong-Kong. Invité en 1976 à Beaubourg par Pontus Hulten, il fut l'un des premiers à utiliser la transmission par satellite a des fins artistiques, c'était en 1984. Né à Séoul, il devient rapidement le disciple de John Cage, auquel il coupa symboliquement la cravate en 1951 dans une performance restée dans les mémoires. Membre actif de Fluxus, il fait danser des corps dans l'espace déconstruit par les synthétiseurs psychédéliques, Global Groove en 1973. Artiste populaire de son vivant, il ne resta pas cloisonné dans les institutions artistiques. Pour les Jeux Olympiques de Séoul, il mit en scène 10mn de chansons par pays participateur.

Génial touche à tout, Nam June Paik fut défini par Mary Bauermeister comme un scientifique-philosophe-ingénieur. Comment élargir le concept d'art ? L'art doit changer le monde, l'argent ne sert à Paik que pour acheter des moyens artistiques.

"Détruire la télévision nationale."
"Regardez votre oeil gauche avec votre oeil droit."

Paik flirte avec la culture de masse et la culture d'élite, il passe à la télévision allemande, 5 millions de spectateurs. Il fait marcher sur l'eau Allan Kaprow, tel le Christ de l'art vidéo. "Fluxus ressemble à une plante coréenne : quand elle semble morte, elle est prête à éclore." Les actions de Paik sont dépourvues de symbolisme et de signification, dans le sillage du koan zen.

C'était un anarchiste, affirme Jean-Jacques Lebel. Paik n'a cessé de riposter contre la communication a sens unique de la télévision. La télé nous parle, mais on ne peut pas lui répondre. Qu'en est-il du web, et des blogs ? Qu'aurait pensé Paik du web 2.0 ?

Héraclite est en arrière-plan ; Fluxus, tout s'écoule, rien n'est fixe, l'image est toujours instable, éphémère, dansante. Le flux, la destruction par le flux. Inventer des formes nouvelles avec des nouveaux moyens. Tendre vers les gens une possibilité d'expression artistique.

Etre accessible, raccourcir le temps des oeuvres pour maximaliser les effets produits. Regarder de façon répétitive les choses. Paik a un rapport intime et quotidien à la technologie, il fait le clown, tient le rôle du bouffon. Mais il inverse aussi les rôles, et prend au piège le présentateur, qui devient l'invité.
Question posée par un intervenant : "L'art est-il une méthode de communication, ou une production de formes ?"

Paik a aussi pensé à améliorer l'enseignement, des techniques non-linéaires, par ondes de cerveau à cerveau (Matrix, Wifi ?). Une chaîne de TV pour intellectuels, un mur cathodique à installer chez soi, pour renouveller la décoration. Aujourd'hui, les visions de Paik se réalisent. Il pensait les développements de façon globale, simultanéité et éternité allant de pair.

"Je rends la technologie ridicule."

Demander aux technologies de faire autre chose que ce qu'elles font. Plus qu'un usage, une pratique. Tout peut être recombiné, recomposé, rêvé dans le possible.
Avec le sourire.

lundi 11 septembre 2006

Soirée d'hommage à Nam June Paik à Beaubourg

Le 2 octobre 2006 à 18h, entrée libre.
Soirée diffusée en direct sur internet. haut débit | bas débit

Soirée consacrée à Nam June Paik, en hommage à l'artiste, décédé cette année.
Séance organisée par Vidéo et après et Les Revues parlées

Au cours de cette soirée seront évoqués des moments de la vie de l'artiste ainsi que des aspects majeurs de son œuvre, au travers d'interviews, d'anecdotes, de projections d'œuvres, de documents inédits et de performances.

En présence d'amis et de complices de Nam June Paik, parmi lesquels Christine van Assche, Bernard Blistène, Marc Dachy, Jo Decock-Restany, Eric Fabre, Jean-Paul Fargier, Clarisse Hahn, Wulf Herzogenrath, Shigeko Kubota, Tania Ruiz, Ben Vautier, David Zerbib

Avec la collaboration d'Anne-Marie-Duguet, théoricienne de l'art, directrice du Laboratoire des Arts et Médias (Université de Paris 1)

Protagoniste majeur des débuts de l'art vidéo, Nam June Paik a occupé dans l'histoire de l'art contemporain une place essentielle. Né en 1932 à Séoul (Corée), après des études de musique, d'histoire de l'art et d'esthétique à Tokyo, il rejoint l'Allemagne où il achève sa formation universitaire. En 1961, il rencontre George Maciunas, fondateur du mouvement Fluxus ; Paik s'y associe par le biais de la performance. Il fait également la connaissance de Joseph Beuys et du compositeur d'avant-garde John Cage, dont le travail exerce une influence significative sur son œuvre. Dans les années 60, Paik rencontre à New York la musicienne Charlotte Moorman avec qui il produit un ensemble important de performances. En 1964, il s'équipe d'une caméra vidéo Sony Portapak et réalise ses premières bandes. Global Groove (1973) révèle les principes d'une esthétique électronique propre à l'artiste : collage, réappropriation de la télévision et hybridation des cultures, jeu avec les effets spéciaux, rôle déterminant de la musique.

A partir de 1985, il se consacre à la construction d'installations monumentales et de totems cybernétiques constitués de moniteurs empilés, au travers desquels se perpétue l'esprit Fluxus : il déconstruit et détourne le médium télévisuel pour en démythifier le langage et le contenu (Arc Double Face, 1985, La Madeleine Disco, 1989, Video Arbor, 1990). Pour les Jeux Olympiques de Séoul en 1988, il érige The More the Better, une « tour de médias » constituée de 1003 moniteurs.
Nam June Paik est décédé le 29 janvier 2006.

Le Centre Pompidou, qui détient un ensemble important d'œuvres de l'artiste dans ses collections, acquises dès 1979, a salué son travail à l'occasion de manifestations importantes comme « Tricolor Video » et « Good Morning, Mister Orwell ». Par ailleurs, son œuvre Zen for Film est présentée dans le nouvel accrochage du Musée « Le Mouvement des images ».

http://www.paikstudios.com/
Séance présentée par Anne-Marie Duguet

Source


TV Cello 1971 Image : Nam June Paik, TV Cello (1971), with Charlotte Moorman